L’humour est une pudeur, parce que rire est un oubli du solennel et parce que quelques fois, il faut se soustraire des défenses qui nous protègent des autres mais aussi de soi-même. Au nom de ce qui m’est de plus cher, de plus intime, je te livre, sans humour, ces quelques pensées qui m’amènent à toi.
S’il est une poussière qui ne chute pas irrémédiablement dans le fond du sablier, si la rupture du temps, si infime soit-elle soulève l’évènement, le propulse et l’emballe. Si il me fallait choisir un fragment de ma vie pour l’emporter telle une force quand il arrivera l’heure de retourner à l’immensément rien, je choisirais cette seconde impalpable qui fit d’un geste le geste, l’instant magique qui me vit agripper ta main et m’accrocher à ton regard pour m’y noyer, mue par le désir d’être happer par tes profondeurs.
Pour avoir souvent arpenter mes chemins intérieurs, pour m’être oubliée à travers mes compagnons de fortunes et d’infortunes, pour m’être nourrie des liens que j’ai tissés et pour n’avoir jamais fuit que dans l’angoisse, je peux dire et même proclamer avec la certitude du fou qui se sait malade que je n’aurai d’autre destin amoureux que celui de vouloir être ta compagne.
Tel qu’il ne m’aurait été possible de le rêver dans le meilleur des livres, de voyager à travers la meilleure des musiques, l’histoire que je commence à vivre avec toi ressemble à cette image de liberté que nourrissent ceux qui en sont privée à jamais : absolue et pourtant si légère.
C’est à l’aube d’un de tes choix, que je présente aux portes de ta vie, le peu de ce que je suis avec le peu de ce que je sais, sans menotte ni boulet, sans œillère ni contrat. Je t’aime et te l’ai déjà dit, ne veux ni te sculpter l’esprit, ni te raboter le caractère, ni aseptiser ta vie, , ni, ni, ni… ;
Je ne peux qu’espérer qu’il te viendrait la force, si un jour tu n’as plus pour moi qu’une pauvre tendresse mêlée de pitié, une émotion chrétienne, un relent d’amitié jaunie, d’oublier les sentiments qui m’animent et de me laisser avec ma certitude d’avoir fait le bon choix…mais me laisser quand même…
Au nom de tout cela et de tout ce qu’il m’est impossible de couvrir avec des mots, je sais que je t’aime et bien plus encore




