Accueil Date de création : 17/01/07 Dernière mise à jour : 29/11/11 14:06 / 20 articles publiés

Le traceur de lignes de Jacques Nicolas  ("Thé-âtre") posté le samedi 28 juillet 2007 10:08

Blog de zora :Ici,  ailleurs et réciproquement, Le traceur de lignes de Jacques Nicolas

Ceci n’est pas un coup de cœur c’est un humble hommageau talent d’un homme que je ne pourrais considérer comme un maître car je ne prétends pas toucher au géni ! Mais s’il en est un qui par sa sensibilité, son verbe en image qui effleure la poésie et caresse nos sens …alors c’est bien Jacques Nicolas !

                                                                                    La petite zora 

 

Le Traceur de lignesde Jacques Nicolas
Mise en scène de Franck Danger
Avec Florian Kiriluk

Le basculement d'un homme apparemment sans histoires qui possède en lui une double personnalité et qui peut tout exprimer, tout vivre dans la raison comme dans la folie.
 Pour quelle raison Albert Soureuil, instituteur de sa profession, a-t-il quitté précipitamment sa femme et son fils et pris le train pour Paris ? Suivant une sorte de ligne mystérieuse, le fugitif, halluciné par des images rimbaldiennes, erre dans les coins obscurs de la ville, attentif aux signes qui réveillent de troubles souvenirs et font bouillonner en lui des pulsions nouvelles. Plus tard, ses pas le conduisent à un cabanon perdu dans la forêt qu’il occupe en tentant de reconstruire des cités imaginaires, sous le regard des rats omniprésents, ces compagnons millénaires de l’humanité...

Ce roman visionnaire, révèle peu à peu la mécanique d’une tragédie humaine, évite les chemins balisés du récit et assemble les éléments d’un destin en une sorte de vitrail où démons et martyrs partagent le même pain.

« Au fil des lignes, je commençais à distinguer les rats qui couraient le long de la voie. Comme dans ce double récit, le passé se mêlait au présent. A l'arrivée, je ne savais plus très bien où j'étais: quelque part entre les lignes que vous aviez tracées… Peut être ma disparition a t'elle été constatée… Ma seule certitude : le coupable c'est vous! »
Amélie Nothomb


Mais encore….

 

Le Traceur de Lignes

Festival OFF d’ Avignon - Ateliers d’Amphoux -

Coup de coeur

Décidément, le théâtre Les Ateliers d’Amphoux nous réserve bien des surprises, des coups de cœur, des coups d’émois. Nos amis belges arrivent avec un théâtre qui est à découvrir, et on s’étonnera quand en dehors du Festival d’Avignon, les frontières de l’Europe semblent aussi hermétiques aux déplacements des œuvres théâtrales. Le Traceur de lignes, d’après le roman de Jacques Nicolas est un véritable coup de cœur : la découverte d’un comédien, Florian Kiriluk qui porte à bout de bras ce texte hypnotique, hallucinant. Le texte nous emmène au bout de la nuit, des méandres psychologiques d’un personnage en errance de lui- même.

Le personnage Albert Soureuil, un instituteur, est en rupture avec tout. Dans sa tête s’opère un chaos, sa femme, son fils, son métier, son cadre social. Il s’enfuit de son quotidien, fugitif de lui- même, erre dans Paris. Un Rimbaud des temps modernes. Il erre dans un Paris obscur, sombre, se rendant malade, véhiculant des images où se chevauchent souvenirs d’enfance, soûlographie à jeûn et errance intellectuelle. Albert est un insatisfait, un incompris. Peut- être que le germe de son mal actuel vient du jour où sa mère lui faisait prendre son bain hebdomadaire dans une grande baignoire en zinc. Ce jour où son père entreposait les grenouilles vouées à une mort certaine, il se sentait un peu la grenouille prête au dépeçage. Albert a pris le train pour quitter tout ça. Il veut suivre son chemin. Il veut tracer sa ligne. Il veut tracer sa ligne de vie où sa femme sera aimante, admirative. Où il ne sera pas un petit instituteur mais un poète maudit, qui s’embarquera sur "le bateau ivre" de ses pensées. Il veut tracer sa ligne de fuite.

Un comédien, une table, deux chaises

Cela suffit amplement à nous entraîner dans un univers où Florian Kiriluk en pyjama et en imperméable, interprète ce renégat de la vie, hallucinant. Il nous entraîne par son jeu hypnotique, très physique. Le final cloue le public qui est captivé devant tant de talents conjugués.

Mise en Scène : Franck Danger. Avec Florian Kiriluk. Au Théâtre Les Ateliers d’Amphoux, tous les jours à 14h jusqu’au 28 Juillet. Réservations au 04 90 86 17 12

www.avignonfestivaletcompagnies.com

 Et enfin… une interview de l’auteur…

 

Le Traceur de Lignes à Avignon

Un acteur seul, une table, deux chaises. 24 représentations. Après Avignon, «Le Traceur de Lignes» viendra à Bouillon à la rentrée.

Jacques Nicolas, vous revenez d'Avignon. Votre roman «Le Traceur de Lignes» a été mis en scène, répété et créé là-bas. Comment trouvez-vous la transposition théâtrale ?

On a toujours un peu de crainte avant de voir la pièce. Mais j'ai été rassuré tout de suite, dès la générale. Le metteur en scène, Franck Danger, a respecté le texte. Il a dû le raccourcir, mais ça ne nuit en rien au fil de l'histoire.

Le comédien est seul sur scène ?

Florian Kiriluk incarne le héros du livre de façon remarquable. Il est seul sur scène : un véritable travail d'équilibriste. La scénographie est minimaliste : une table, deux chaises dans un espace de 5 ou 6 m2.

Quelques mots sur l'histoire ?

C'est une histoire à trois voies. Au présent d'abord : le héros, Albert Soureuil, veut échapper à son destin et erre dans Paris. En parallèle, il cherche à comprendre ce qui lui arrive à travers des éclats de vie passée. Enfin, toute la partie poétique et intemporelle : des vers du Bateau Ivre de Rimbaud ressurgissent de sa mémoire et le font tanguer...

En écrivant votre roman, vous aviez imaginé qu'il serait un jour mis en scène ?

Absolument pas. Le producteur Alain Tholl, de l'Enclos, a lu le texte et initié ce projet. Il l'a ensuite confié au metteur en scène. Alain Tholl a acheté un hôtel du XVIIIe siècle à Avignon et y a installé trois salles de théâtre. Chaque année, il souhaite promouvoir deux spectacles de la province du Luxembourg au festival.

Les 18 et 19 octobre à Bouillon

Quelques impressions sur Avignon, l'atmosphère qui y règne...

Avignon est un tremplin pour la création théâtrale. Sur place, il y a le festival «in» et le «off». Le «in», initialisé par Jean Villar, se décline en grands spectacles dans des lieux grandioses. Le «off» se joue dans les rues, dans des granges, des caves ou chez des privés. En tout, 850 spectacles dans 110 lieux en l'espace de trois semaines.

Quelles réactions ont les spectateurs ?

Les gens sont ravis de ce qu'ils ont vu. Le bouche à oreille fonctionne bien puisqu'il y a de plus en plus de spectateurs. La presse et Radio France sont des plus encourageants. La réussite est certainement due à la complicité entre le metteur en scène et le comédien. Et la volonté d'Alain Tholl d'aboutir.

Vous avez des projets suite à cette expérience ?

Le centre Culture et Loisirs de Bouillon propose deux représentations du spectacle, les 18 et 19 octobre à Bouillon. Il sera joué trois fois à Étalle la semaine précédente. Quant au livre, il est presque épuisé. Un projet de réédition est en cours.

 

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1 commentaire(s)

  • Jacques Nicolas mailto

    sam 04 aoû 2007 14:06

    On s'en doute, je ne peux qu'être ravi des mots élogieux écrits dans ce blog relatifs à l'aventure avignonnaise qui s'est soldée par une récompense du club de la presse. Merci à Zora.

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