Ceci n’est pas un coup
de cœur c’est un humble
hommageau talent d’un homme
que je ne pourrais considérer comme un maître car je
ne prétends pas toucher au géni ! Mais
s’il en est un qui par sa sensibilité, son verbe en
image qui effleure la poésie et caresse nos sens
…alors c’est bien Jacques
Nicolas !
La
petite zora
Le Traceur de
lignesde Jacques
Nicolas
Mise en scène de Franck
Danger
Avec Florian Kiriluk
Le basculement d'un
homme apparemment sans histoires qui possède en lui une
double personnalité et qui peut tout exprimer, tout vivre
dans la raison comme dans la folie.
Pour quelle raison Albert Soureuil, instituteur de sa
profession, a-t-il quitté précipitamment sa femme et
son fils et pris le train pour Paris ? Suivant une sorte de ligne
mystérieuse, le fugitif, halluciné par des images
rimbaldiennes, erre dans les coins obscurs de la ville, attentif
aux signes qui réveillent de troubles souvenirs et font
bouillonner en lui des pulsions nouvelles. Plus tard, ses pas le
conduisent à un cabanon perdu dans la forêt
qu’il occupe en tentant de reconstruire des cités
imaginaires, sous le regard des rats omniprésents, ces
compagnons millénaires de l’humanité...
Ce roman visionnaire, révèle peu à peu la
mécanique d’une tragédie humaine, évite
les chemins balisés du récit et assemble les
éléments d’un destin en une sorte de vitrail
où démons et martyrs partagent le même
pain.
« Au fil des lignes, je commençais
à distinguer les rats qui couraient le long de la voie.
Comme dans ce double récit, le passé se mêlait
au présent. A l'arrivée, je ne savais plus
très bien où j'étais: quelque part entre les
lignes que vous aviez tracées… Peut être ma
disparition a t'elle été constatée… Ma
seule certitude : le coupable c'est vous!
»
Amélie Nothomb
Mais
encore….
Le Traceur de
Lignes
Festival OFF d’ Avignon -
Ateliers d’Amphoux -
Coup de
coeur
Décidément,
le théâtre Les Ateliers d’Amphoux nous
réserve bien des surprises, des coups de cœur, des
coups d’émois. Nos amis belges arrivent avec un
théâtre qui est à découvrir, et on
s’étonnera quand en dehors du Festival
d’Avignon, les frontières de l’Europe semblent
aussi hermétiques aux déplacements des œuvres
théâtrales. Le Traceur de lignes, d’après
le roman de Jacques Nicolas est un véritable coup de
cœur : la découverte d’un comédien,
Florian Kiriluk qui porte à bout de bras ce texte
hypnotique, hallucinant. Le texte nous emmène au bout de la
nuit, des méandres psychologiques d’un personnage en
errance de lui- même.
Le personnage
Albert Soureuil, un instituteur, est en rupture avec tout. Dans sa
tête s’opère un chaos, sa femme, son fils, son
métier, son cadre social. Il s’enfuit de son
quotidien, fugitif de lui- même, erre dans Paris. Un Rimbaud
des temps modernes. Il erre dans un Paris obscur, sombre, se
rendant malade, véhiculant des images où se
chevauchent souvenirs d’enfance, soûlographie à
jeûn et errance intellectuelle. Albert est un insatisfait, un
incompris. Peut- être que le germe de son mal actuel vient du
jour où sa mère lui faisait prendre son bain
hebdomadaire dans une grande baignoire en zinc. Ce jour où
son père entreposait les grenouilles vouées à
une mort certaine, il se sentait un peu la grenouille prête
au dépeçage. Albert a pris le train pour quitter tout
ça. Il veut suivre son chemin. Il veut tracer sa ligne. Il
veut tracer sa ligne de vie où sa femme sera aimante,
admirative. Où il ne sera pas un petit instituteur mais un
poète maudit, qui s’embarquera sur "le bateau ivre" de
ses pensées. Il veut tracer sa ligne de fuite.
Un comédien, une table, deux
chaises
Cela suffit
amplement à nous entraîner dans un univers où
Florian Kiriluk en pyjama et en imperméable,
interprète ce renégat de la vie, hallucinant. Il nous
entraîne par son jeu hypnotique, très physique. Le
final cloue le public qui est captivé devant tant de talents
conjugués.
Mise en Scène : Franck Danger. Avec Florian Kiriluk. Au
Théâtre Les Ateliers d’Amphoux, tous les jours
à 14h jusqu’au 28 Juillet. Réservations au 04
90 86 17 12
www.avignonfestivaletcompagnies.com
Et
enfin… une interview de l’auteur…
Le Traceur de Lignes
à Avignon
Un acteur seul, une table,
deux chaises. 24 représentations. Après Avignon,
«Le Traceur de Lignes» viendra à Bouillon
à la rentrée.
Jacques Nicolas, vous
revenez d'Avignon. Votre roman «Le Traceur de Lignes» a
été mis en scène, répété
et créé là-bas. Comment trouvez-vous la
transposition théâtrale ?
On a toujours un peu de
crainte avant de voir la pièce. Mais j'ai été
rassuré tout de suite, dès la générale.
Le metteur en scène, Franck Danger, a respecté le
texte. Il a dû le raccourcir, mais ça ne nuit en rien
au fil de l'histoire.
Le comédien est
seul sur scène ?
Florian Kiriluk incarne le
héros du livre de façon remarquable. Il est seul sur
scène : un véritable travail d'équilibriste.
La scénographie est minimaliste : une table, deux chaises
dans un espace de 5 ou 6 m2.
Quelques mots sur
l'histoire ?
C'est une histoire
à trois voies. Au présent d'abord : le héros,
Albert Soureuil, veut échapper à son destin et erre
dans Paris. En parallèle, il cherche à comprendre ce
qui lui arrive à travers des éclats de vie
passée. Enfin, toute la partie poétique et
intemporelle : des vers du Bateau Ivre de Rimbaud ressurgissent de
sa mémoire et le font tanguer...
En écrivant
votre roman, vous aviez imaginé qu'il serait un jour mis en
scène ?
Absolument pas. Le
producteur Alain Tholl, de l'Enclos, a lu le texte et initié
ce projet. Il l'a ensuite confié au metteur en scène.
Alain Tholl a acheté un hôtel du XVIIIe siècle
à Avignon et y a installé trois salles de
théâtre. Chaque année, il souhaite promouvoir
deux spectacles de la province du Luxembourg au
festival.
Les 18 et 19 octobre à
Bouillon
Quelques impressions
sur Avignon, l'atmosphère qui y
règne...
Avignon est un tremplin
pour la création théâtrale. Sur place, il y a
le festival «in» et le «off». Le
«in», initialisé par Jean Villar, se
décline en grands spectacles dans des lieux grandioses. Le
«off» se joue dans les rues, dans des granges, des
caves ou chez des privés. En tout, 850 spectacles dans 110
lieux en l'espace de trois semaines.
Quelles
réactions ont les spectateurs ?
Les gens sont ravis de ce
qu'ils ont vu. Le bouche à oreille fonctionne bien puisqu'il
y a de plus en plus de spectateurs. La presse et Radio France sont
des plus encourageants. La réussite est certainement due
à la complicité entre le metteur en scène et
le comédien. Et la volonté d'Alain Tholl
d'aboutir.
Vous avez des projets
suite à cette expérience ?
Le centre Culture et
Loisirs de Bouillon propose deux représentations du
spectacle, les 18 et 19 octobre à Bouillon. Il sera
joué trois fois à Étalle la semaine
précédente. Quant au livre, il est presque
épuisé. Un projet de réédition est en
cours.